
Je commence ici une série– textes et photos- qui se veut très personnelle dans son récit.
Son titre : Une route.
Point de guide touristique ni de liens donc, juste l'histoire d'une errance de printemps en des lieux enchanteurs, le long d'une route. Le texte sera déposé ici en de courts paragraphes, chacun à lui seul sera une petite histoire.
Une ou deux photos l'illustreront et je publierais à la fin de cette série d'autres clichés en rubrique Photos.
Il n'y aura, pour le moment du moins, aucune indication de lieu.
Je souhaite me libérer de toute contrainte narrative trop précise, garder une place au mystère et à votre imaginaire. Allez, le voyage commence, nous sommes en mai 2008, en Haute-Provence.
Textes et Photos: Louis-Paul FALLOT

Une route qui remonte de la ville fortifiée en bas dans la vallée puis longe des gorges profondes. Ce soir là, la route mène à un village, comme un village de poupée. Une place, une ruelle qui se termine par un chemin bordé d'iris puis un grand champ. Et quelques jolies maisons, sans ciment, bien retapées dans le respect des grès, la pierre de toute cette région.
Sur la place, dans le mur de la chapelle, une boîte aux lettres.
Des oiseaux y ont fait leur nid.
Déposez vos plis un peu plus loin invite le message au voyageur de passage.


La route monte, descend, nous surprend.
En de multiples virages offre ses paysages.
Ouvrir les vitres de la voiture.
Ecouter des notes, disparues l'an dernier.
La partition de l'eau est de retour.
C'est l'hiver qui là-haut en studio
A mis en musique la chanson du printemps

Photos Louis-Paul Fallot-Mai 2008.

Matin d’octobre
À Jules Breton.
Le soleil s'est levé rouge comme une sorbe
Sur un étang des bois : — il arrondit son orbe
Dans le ciel embrumé, comme un astre qui dort ;
Mais le voilà qui monte en éclairant la brume,
Et le premier rayon qui brusquement s'allume
A toute la forêt donne des feuilles d'or.
Et sur les verts tapis de la grande clairière,
Ferme dans ses sabots, marche en pleine lumière
Une petite fille (elle a sept ou huit ans).
Avec un brin d'osier menant sa vache rousse,
Elle connaît déjà l'herbe fine qui pousse
Vive et drue, à l'automne, au bord frais des étangs.
Oubliant de brouter, parfois la grosse bête,
L'herbe aux dents, réfléchit et détourne la tête,
Et ses grands yeux naïfs, rayonnants de bonté,
Ont comme des lueurs d'intelligence humaine :
Elle aime à regarder cette enfant qui la mène,
Belle petite brune ignorant sa beauté.
Et, rencontrant la vache et la petite fille,
Un rouge-gorge en fête à plein cœur s'égosille ;
Et ce doux rossignol de l'arrière-saison,
Ebloui des effets sans connaître les causes,
Est tout surpris de voir aux églantiers des roses
Pour la seconde fois donnant leur floraison.

André Lemoyne - Les Charmeuses
Camille-André Lemoyne (1822 - 1907) est un poète et romancier français. Ses oeuvres:
Poésies, Paris, Lemerre, 1883-1897, 4 volumes comprenant : Les Charmeuses ; Les Roses d'antan ; Légendes des bois et chansons marines ; Paysages de mer et fleurs des prés ; Soirs d'hiver et de printemps ; Fleurs et ruines ; Oiseaux chanteurs ; Fleurs du soir ; Chansons des nids et des berceaux
Romans, Paris, Lemerre, 1886, comprenant : Une Idylle normande ; Le Moulin des prés ; Alise d'Évran ; le volume comprend également des Pensées d'un paysagiste et des Notes de voyage .
Source:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Lemoyne
http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Charmeuses

Photos Louis-Paul Fallot
Méailles, début octobre 2009

Au départ, je ne cuisinais que des tomates puis j'ai rajouté d'autres légumes, plat découvert en m'installant dans le pays niçois comme la courgette ronde.
Ma recette n'est jamais tout à fait la même mais les grands principes restent immuable :
-Un « bon marché » avec les légumes du producteur.
-Bien faire reposer à l'envers les légumes vidés d'une grande partie de leur chaire et salés afin de faire couler le jus qui sera ensuite mélangé à la farce.
-Garder les « chapeaux « pour la fin de cuisson, afin de protéger la farce une fois dorée.
-Pas de riz mais des morceaux de mie de pain rassis mélangés à un peu de lait ou à un jaune d'œuf. (Les miettes écrasées serviront de chapelure.)